N°15 : Une fois

Editorial

Au bord - fragments
Sereine Berlottier

Louise Bourgeois : Portes ouvertes
Déborah Elliott Deutschman 

Le monde à elle seule (extrait)
La vie soudain (extrait)
Romain Fustier

Comme une
Alexandra Kalyani

Une fois dedans
Armelle Leclercq

Conversation
Mathieu Coutisse

Quel premier livre a-t-on vraiment lu ?
James Sacré

Deux poèmes samouraïs
Myrto Gondicas
Emmanuelle Bollack (peintures)

 

Assis avec ta solitude
Mohammed Habibi

Autoportrait
Louise Marois

Monothéisme contre monolithe
Patrick Beurard Valdoye

L'effet Talitha Koum
Anca Vasiliu

Un exercice d'amitié - entretien avec Olivier Apert
Pierre Drogi

Talitha Koum, une création dansée-parlée
Thalitha Koum
Si et seulement si

Olivier Apert

Relation de quelques faits survenus en l'an de grâce 17..en la ville de S... (Chap VII)
François-Marie Viger

Incertains et partiels...
Christophe Manon

D'elles (extraits)
Kouam Tawa

Entretien avec Florence Trocmé à propos de Poezibao
Paul de Brancion

Aspect Odile
Gilles Weinzaepflen

Innoncence héroïque
Zéno Bianu

Une fois au monde
Etienne Faure

Une fois Jacques Dupin
Didier Bourda

Zénith vorace
Matthieu Brosseau

Souris
Deux pommes une orange

Derek Munn

Adam, ou l'homme des premières fois : Les Mémoires d'Adam et les pages d'Ève
de Pierre Albert-Birot

Marianne Simon-Oikawa

Il était une fois l'écriture cunéiforme
Frédérique Hauville

Lectures critiques



Éditorial

Il était une fois une revue de création littéraire qui avait décidé de solliciter des écrivains, poètes, philosophes, compositeurs et artistes de tout poil pour tenter de produire quelque chose autour d’un mot : une fois.

Nous sommes justement à une époque où une fois se fait rare et va à l’encontre des multiplications financières qui arrivent à vendre comme s’ils étaient uniques des biens fabriqués à la chaine.
Et à bas prix.
Nous sommes au cœur de la tromperie.
Ce qui est unique ne se vend pas.
Sarrazine a tenté de savoir une fois, de saisir une fois, pour une fois.
Nous avons laissé une large place à Olivier Apert avec un long entretien et autour de Talitha Koum qui est justement une création dansée-parlée.
Des photos, de nombreuses contributions de formes différentes et d’esprit non préformé. Certains textes délicatement tissés par la main…des lapins en cadavre nous venant du Québec, jusqu’au roman, pour une fois, dissimulé derrière le paravent de la fiction. Un bel entretien, sur Poezibao, avec Florence Trocmé. 
Notre ambition est que ce numéro se tienne et accueille la diversité avec une certaine douceur car, comme le dit joliment Romain Fustier « C’est marrant de voir la campagne au loin ».

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Au bord - fragments
Sereine Berlottier

les yeux fermés j’y retourne
je marche exactement le nombre de pas
de l’ascenseur à la chambre mauve
frappe et visage ce que tu m’adresses
pour savoir que je suis arrivée

pas capable d’écorcer la question
sauf à voir que tu respires, tu parles, on pourrait fuir
si on ne craignait pas une plus grande terreur
à la merci et de quoi au juste ?

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Louise Bourgeois : Portes ouvertes
Déborah Elliott Deutschman 

EXT. RUE. NEW YORK. JOUR.

Panoramique, la caméra s’approche :

Feuilles d’automne jaunes éclaboussées de vent
partout sur les trottoirs de Chelsea.
Un dimanche trempé ruisselant, début novembre
Gens se hâtant sous la pluie,
une procession fortuite
allant au même endroit –

 
NARRATEUR (Voix off)
LOUISE BOURGEOIS ouvre ses portes
chaque dimanche après-midi
entre trois et cinq heures.
Les gens appellent à l’avance
et mettent leur nom sur la « liste » –
elle est dans l’annuaire.

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Le monde à elle seule (extrait)
Romain Fustier

parmi les herbes folles si je te plais interroge-t-elle
qui fait corps avec les graminées dans lesquelles immergée elle est
ces fougères qui l’entourent les grands arbres de cette forêt
sur le chemin sous le couvert du retour dans ce paysage
qu’elle devient dont elle ne se distingue plus à présent
comme les vieilles maisons se distinguaient à peine des coteaux
tout à l’heure à leur pied récemment replanté de vignes
elle éprouve ça que tu ressens étendue parmi les plantes herbacées
où elle t’enchante ainsi en plein été dans cette posture
d’allongée guidant les éléments avec qui son corps fait corps
à cet instant où la nature qu’elle habitait la pénètre

La vie soudain (extrait)
Romain Fustier

on est descendu par la route traversant le village
le long s’est rafraîchi à une petite fontaine
devant une maison, l’eau était vraiment très froide

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Comme une
Alexandra Kalyani

je voudrais bien ne pas écrire comme une
femme
ne pas décrire comme une
femme
je voudrais bien ne pas décrire la condition oui
la condition non
m’ancrer dans un non-lieu de
femme
à parler de
ces hommes que je n’aime pas
ces enfants dont je n’ai pas envie de
m’occuper
ces complexes que je ne devine que dans
les griffures des autres
femmes
je voudrais bien juste être à qu’à

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Une fois dedans
Armelle Leclercq

   Quelle joie dans le quartier embrenaillé de la vieille ville, aux
ruelles tortes, de comprendre du premier coup d’oeil derrière quel
magasin bien individualisé se situait un passage couvert, comment
prendre un escalier descendant ou remontant puis déboucher sur
telle ou telle ruelle à nulle autre pareille à partir de n’importe quelle
rue la traversant à 45 ou à 15 degrés, même après deux ou trois
tournants comme ce ventre de métropole, tout organique, en offrait
à foison !

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Conversation
Mathieu Coutisse

Une fois, rien que ça,
Ce serait, dans le meilleur des cas,
Une ombre dont on ne pourrait dire
La forme qu’elle va prendre
Ce que seront ses dimensions, ses proportions
Ce qui va l’animer, la comprendre
Ce qu’elle embellira ou pas

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Quel premier livre a-t-on vraiment lu ?
James Sacré

Si j’ai acheté ce livre c’est parce que j’ai cru que son titre était celui
d’un livre, un livre de prix aussi sans doute puisque sous une
grande couverture rouge, que j’ouvrais et refermais assez souvent
dans cette chambre réservée au valet de la ferme familiale où, avec
ma soeur nous passions beaucoup d’heures à jouer à la poupée ou à
faire des découpages, à regarder aussi, sans y comprendre grandchose,
toute une collection de la revue Signal qui venait de chez
notre oncle Achille.

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Deux poèmes samouraïs
Myrto Gondicas
Emmanuelle Bollack (peintures)

Sali, lié
lourd soudain d’abîme jeté, crochant
des pieds le sol, on
lutte
trop tard déjà mais là,
impacté, compact
cinglé de pluie oblique et raide
viré cible l’instant d’avant, cueilli
(des catapultes invisibles tirent) :
on s’arc-boute écartant des jambes d’ours
courbette bagarreuse

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Assis avec ta solitude
Mohammed Habibi

Pour les baisers de nos imaginations
Jusqu’à présent nous n’avons pas dessiné
Ceux-là : le plus profond, le plus long,
Le plus doux, le plus fougueux,
Le très sucré, le très pur,
Le premier, le dernier,
L’attendu, le machinal.

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Autoportrait
Louise Marois



Monothéisme contre monolithe
Patrick Beurard Valdoye

) les enfants passent sous la pierre à trou fou rire aux
lèvres joues rouges fillettes
jeu Reine à la récrée s’y empresse
Marianne essaie une dernière fois avant d’être
trop grande or pour s’en extraire
c’est tintin
rapproche les pieds force le torse
tout un fourbis pas moyen
et se sent seule emprisonnée dans la pierre active

prend peur faut-il casser le monu

ment solliciter son oncle Pierre à la carrière
contente enfin d’être hors de pierre

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L'effet Talitha Koum
Anca Vasiliu

Entre temps, ce laps face à la mer, ou au désert, plus peuplé que la
mer de poissons, et plus assourdissant. Tu t’y connais, pas en surface
mais en volume : tout se voit de toute part et sans repère. On peut
faire le tour de chaque question, se situer à la fois des deux côtés de
la différence, se demander comment cela est possible, répondre en
même temps par le cri et par le silence. Drogué et en éveil, deux et
un font toujours trois.

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Un exercice d'amitié - entretien avec Olivier Apert
Pierre Drogi

L’oeuvre d’Olivier Apert est quantitativement importante, et diverse. Il
n’est que de parcourir la liste des titres, et dans combien de domaines
différents, qui figurent dans les rubriques « Du même auteur » au
début ou à la fin des ses livres pour prendre acte du travail accompli.
Poète, essentiellement poète, même sous les avatars qui suivent :
dramaturge, chorégraphe, librettiste, essayiste, traducteur, voire
compositeur de chansons, Olivier Apert peut se définir dans tous
ces domaines comme un « intempestif » ; et il l’est maximalement,
avec ce brin de provocation qui d’ordinaire ne se pardonne pas, ou
pas aisément.

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Talitha Koum, une création dansée-parlée
Olivier Apert

A la création de Talitha koum, j’ai sous-titré cette pièce : une déambulation
dansée-parlée : on devine assez bien vers où je voulais
l’orienter : un « danser-parler » comme avait surgi la notion nécessaire
de «Sprech-gesang» (sprechen-singen : le parler-chanter)
: il fallait que le corps incarne strictement le rythme ou plutôt les
rythmes de la parole projetée ; que la voix et la parole confondues
soient une pure émanation du corps du danseur au même titre qu’un
geste ou un déplacement. Autrement dit, que voix et paroles confondues
acquièrent une densité de présence égale à l’immanence physique,
à la matérialité charnelle des corps.

Thalitha Koum
Olivier Apert

Station 6 :
(suis celui que tu veux bien reconnaître
& accueille ta reconnaissance sans histoire)
(ton visage me dit toujours
sa vérité il passe
& j’accueille sa reconnaissance sans histoire
(j’accueille ta trahison elle passe comme
un linge sur ton visage)

Si et seulement si
Olivier Apert

1. (faux départ)

en séjour-linguistique-scolaire l’Ange B. – certes pas la baigneuse
de Brighton – prononce « do you spell » (en lieu de rouler une pelle
un patin un palot) à l’adresse du skinhead rôdeur de la plage de
Teignmouth :
IL NE LUI FIT AUCUN MAL

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Relation de queques faits survenus en l'an de grâce 17..en la ville de S... (Chap VII)
François-Marie Viger

Je n’ai rien dit encore de son visage réservant pour ce moment
suspendu le luxe de le décrire. On aura deviné à quel point
son regard vous frappait en premier. Qu’on imagine de petits yeux
ronds, enfoncés dans leurs orbites, de là vous scrutant avec attention
quand ils daignaient se porter sur vous. Et pour le reste, mélancoliquement
indifférents à tout ce qui les entourait comme Jacques venait
d’en faire la remarque. Deux yeux d’oiseaux dont la perpétuelle
inquiétude était reportée sur les brusques mouvements de son cou
quand il était en alerte. Deux billes noires comme charbon et dont le
double éclat magnétique aurait été logé de part et d’autre d’un grand
nez de corbeau surplombant une bouche pleine, presque charnue et
bien dessinée, le tout inscrit dans le bel ovale d’un visage couleur
de tabac, marqué par la seule absence de sourcils, absence qui élargissait
encore son front jusqu’à cette chevelure noire et huileuse que
nous avions seule relevée lorsque nous l’avions ramassé deux nuits
plus tôt.

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Incertains et partiels...
Christophe Manon

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D'elles (extraits)
Kouam Tawa

J’aurais aimé être quelqu’un. Venir d’un lieu qui compte. Avoir un
nom tais-toi. Marcher la tête haute. Fixer droit dans les yeux.

J’aurais aimé être quelqu’un. Avoir confiance en moi. M’aimer
telle que je suis. Être du temps présent. Avoir mon mot à dire.

J’aurais aimé être quelqu’un. Passer et qu’on me voie. Parler et
qu’on m’écoute. Sortir du pour moi quoi. Ignorer la hantise.

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Barbe bleue, Espoir des femmes de Dea Loher, mise en scène de Sylviane Dubois
Photographie : Lydia Belostyk



Entretien avec Florence Trocmé à propos de Poezibao
Paul de Brancion

J’ai donc commencé tout simplement à lire et étant de tempérament
plutôt partageur, à mettre en ligne des extraits de ces lectures de
poésie contemporaine. Je suis partie du plus visible, disons pour simplifier,
les auteurs publiés dans la collection Poésie/Gallimard, Yves
Bonnefoy, Philippe Jaccottet, par exemple.
Au bout de quelques mois de mises en ligne de ces extraits de poèmes
sur le site Zazieweb, aujourd’hui disparu, j’ai décidé de créer mon
propre site, Poezibao. C’était il y a plus de dix ans maintenant, en
novembre 2004.

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Aspect Odile
Gilles Weinzaepflen

Une fois pour toutes toutes les fois à l’instant même dans un temps
donné pour maintenant et toujours,

Le temps bousculé ses catégories basculées. Nous n’étions pas là
signifie nous sommes témoins d’un spectacle auquel nous n’avons
pas assisté.

Aujourd’hui nous n’irions plus à un tel spectacle. À l’époque, il fallait
se déplacer, déposer ses vêtements, assumer publiquement son
désir de cruauté.

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Innoncence héroïque
Zéno Bianu
Il n’était pas une fois
ou plutôt si Il était il était une fois

Robert Desnos
Une fois
une seule fois
à chaque instant
c’est toujours
la première fois

un souffle
un seul
pour parler avec le silence
un seul souffle
pour accepter
d’être entièrement vulnérable

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Une fois au monde
Etienne Faure

Alger, Alger la grise où Jean Sénac
dans l’ombre du soleil passe
entre les rues sourdes
avec la grâce dépareillée de la jeunesse
de guingois, deux par trois, grande et frêle
d’avoir vécu d’un trait sans reprendre haleine
tandis qu’à danser sans pleurer on s’exerce
face à la rive abandonnée depuis –vieux mondesur
un air de Lili Boniche (Alger, Alger)
ou les cris de jouissance outrée des mouettes
à la splendeur offertes, entre ciel et terre,
à ne pouvoir continuer ainsi,
idem, indemne, après le chant des morts
-ici le sable aussitôt sec est terne
écoulant par l’oreille cette langue
aspirée par la gorge au soleil
qu’un demi-siècle à présent éclipse.

éclipse

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Une fois Jacques Dupin
Didier Bourda

La classique de la paroi. Magnifique. Attaquer [les grands textes,
les grands écrivains [à droite
de l’aplomb d’une grande écaille caractéristique.

Une progression oblique à droite, puis à gauche permet [un fond
de désolation [ rejoindre une niche 6c puis 5 sup, R1. Puis la base
du dièdre. Le remonter.

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Zénith vorace
Matthieu Brosseau

Corps tenu par la gravité ET le zénith aspirant
Ça fait l’être, tout volume en dehors de ce monde sur les rails des
suites
Des escaliers plats, la farce, ça compte
L’énumération est ligne quand elle n’est pas vue.

Une fois, cette histoire étagée en gratte-ciel
Pour le mieux en décroyance
Quand les chiens n’existent pas davantage que ce que l’on perçoit

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Souris
Derek Munn

Elle ne sait pas qu’elle est pauvre. Elle n’envie pas ce que l’argent
octroie aux autres enfants. C’est le monde extérieur qui lui confère
sa pauvreté, mais de ce monde c’est l’espace, le toucher qui l’affectent
le plus. Ses cauchemars la projettent dans un vide infini où
elle ne peut rien effleurer, rien atteindre. Elle se réveille en hurlant,
enfermée dans les bras de sa mère qui répète que c’est bon, c’est fini,
que tout va bien.

Deux pommes une orange
Derek Munn

L’âpreté du silence ridiculisé par une mouche. Mon silence. Tu
comprends ? Non, tu n’es pas là. Et G. dort. Vous êtes pareils. De
près de loin. Un avion s’apprête à atterrir. Il y a un match au stade.
Les projecteurs poissent la nuit.

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Adam, ou l'homme des premières fois : Les Mémoires d'Adam et les pages d'Ève
de Pierre Albert-Birot

Marianne Simon-Oikawa

Les Mémoires d’Adam met en scène le premier homme, au
moment où il vient de décider d’écrire ses Mémoires. Adam, tout
fier de sa belle idée, raconte au jour le jour ses découvertes, récrivant
du même coup les principales étapes de la Genèse : le ciel, le
soleil, les plantes, les animaux, Ève, Dieu lui-même évidemment,
mais aussi le Dieu-de-gauche, se succèdent, suscitant chez lui autant
de réflexions émerveillées, pincées ou perplexes. « Je suis fait pour
découvrir, je suis une machine à découvrir », dit-il (p. 106). La rencontre
avec Ève, un « jour merveilleux », lui inspire ses accents les
plus lyriques.

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Il était une fois l'écriture cunéiforme
Frédérique Hauville
Texte d'astronomie rédigé en écriture cunéiforme
découverte en Mésopotamie
 

La première écriture connue a été produite au pays de Sumer, avantl’écriture hiéroglyphique des Egyptiens. C’est au début du XVIIe siècle qu’on l’a découverte et désignée comme écriture cunéiforme, c’est-à-dire en forme de clous (la forme de clous était donnée par le calame, tige de roseau qui rencontrait la tablette d’argile). Restait ensuite à la comprendre…

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Lectures critiques

Le Japon imaginaire de Pierre Vinclair, Le Corridor bleu, 2014
lecture d’Armelle Leclercq

Mère ou l’autre de Luce Guilbaud, Tarabuste Éditeur, Collection DOUTE B.A.T., 2014
lecture d’Angèle Paoli

À Budapest de Christian Garcin, éditions Circa 1924, 2007, rééd. 2014
L’Étrange Sérénité des fonds marins de Christian Garcinéditions Circa 1924, 2014
lecture d’Angèle Paoli

Journal de Campagne de Jacques Moulin
Dessins de Benoît Delescluse.

Æncrages & Co, Collection voix de chants, 2015
Lecture d’Angèle Paoli