Le rien est toujours rien
Sarane Alexandrian
Pages dérobées et restituées au rien
Didier Coureau
Sur le bord de l'échiquier
Joël Jégouzo
Rien du tout
Clalude Ber
Jean de l'Ombre
Gilles Aufray
Rien
Roland Barthes
Les pantois
Roland Fuentes
Nier comme rien
Isabelle Lartault
Un instant dans la ville
Olivier Targowla
Rien
Pierre Bettencourt
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Flaubert écrivait dans une lettre du 16 janvier 1852 à Louise Colet : « Ce qui me semble beau, ce que je voudrais faire, c’est un livre sur rien … un livre qui n’aurait presque pas de sujet ou du moins où le sujet serait presque invisible, si cela se peut.» Il expliquait qu’un tel livre « se tiendrait de lui-même par la force interne de son style. » Évidemment, il y a des romanciers réalisant une œuvre de ce genre sans le vouloir. …
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… Au commencement le rien évoque irrémédiablement l’absence, le cri ouvert du néant, l’appel vertigineux du gouffre. Rien comme une journée sans nouvelles reçues, comme dans le Journal de Cesare Pavese, vers la fin, les notations sur le rien se font plus pressantes … Ainsi, au jour du 22 mars1950 peut-on lire : Rien. Elle n’écrit pas un mot. Elle pourrait être morte (…). Rien de l’absence de l’autre, rien qui peut signifier la mort et laisse seul l’auteur face à son miroir écrit, à son propre silence au verbe raréfié. 27 mars 1950, le rien refait surface : « Rien. J’ai un charbon dans le corps, des braises sous la cendre. Oh C., pourquoi, pourquoi ? »
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C’était un matin, un soir … J’arrivais par là en voiture. C’était un jour gris de novembre. J’arrivais sur Saint-Nazaire. Tu vois cette route qui longe le cimetière ? … Il faudrait pouvoir la décrire méticuleusement, mètre par mètre, pour comprendre.
Et puis ce soir-là… cette lumière… un soir entre deux pluies, un soir gris de novembre. Tu vois cette lumière, juste entre deux pluies de novembre ? …
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parler de rien ne me dit rien qui vaille
et parler de tout et de rien ne me dit rien
à moins que dans ce jeu du tout ou rien, ou la mort sort à tous les coups, rien ne soit
encore le meilleur des moyens pour se sortir de tout avec rien
les mots, qui servent à tout et à rien, savent faire beaucoup de bruit pour rien et beaucoup
de rien avec tout
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… C’est lui !
Vous ne l’avez jamais vu
et vous le voyez en me regardant !
Mais derrière ce masque, c’est une autre histoire,
c’est quelqu’un d’autre, c’est moi !
Je ne lui ressemble pas du tout, rien à voir avec ce que vous voyez !
Moi je suis …
Enfin j’étais …
C’est embêtant,
mais je ne sais pas de quoi j’ai l’air …
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Donc, il se passe : rien. Ce rien, cependant, il faut le dire. Comment dire : rien ? On se trouve ici devant un grand paradoxe d’écriture : rien ne peut se dire que rien ; rien est peut-être le seul mot de la langue qui n’admet aucune périphrase, aucune métaphore, aucun synonyme, aucun substitut ; car dire rien autrement que par son pur dénotant (le mot « rien »), c’est aussitôt remplir le rien, le démentir : tel Orphée qui perd Eurydice en se retournant vers elle, rien perd un peu de son sens, chaque fois qu’on l’énonce (qu’on le dé-nonce) …
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En file indienne,comme les pièces dressées d’un jeu de dominos, l’interminable famille Pantois attendait. Ordonnés méticuleusement depuis l’aïeul au teint rosé de sa fraîche embolie jusqu’au plus minuscule des cadets, tous témoignent de leur passion héréditaire pour les chronologies. L’attente était patiente. Une docilité presque fataliste inclinait les têtes, qui vers ses propres semelles, qui vers les mollets de son prédécesseur. Lorsque les portes du Musée d’Histoire baillèrent, s’immobilisèrent, puis achevèrent leur rotation autour des gonds, toutes les narines Pantois frémirent, saisies jusqu’aux plus secrètes muqueuses par les émanations centenaires de vieux bois …
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…Tu ne dit rien ? Que veux-tu que je te dise ? Je n’en sais rien, c’est toi qui as dit que tu voulais me dire quelque chose. Je n’ai pas à dire. Pas à dire, ça ne veut rien dire. (Soupir) Ce matin, tu as dit que tu avais quelque chose à me dire et maintenant tu prends l’air de rien. Je n’ai pas dit ça. Tu nies me l’avoir dit ? Tu fais des histoires pour … Rien, c’est ça ? C’est ça, je fabule ! Mais enfin je n’y suis pour rien, c’est toi ce matin qui a dit … Ça n’avait pas d’importance, qu’est-ce que tu imagines ? …
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Cinq ou six personnes immobiles sur une portion de trottoir ne dépassant pas dix mètres autour d’un arrêt d’autobus. Tous regardent le même point. Tous attendent le choc. Est-ce parce qu’une jeune femme traverse la rue en diagonale sans se soucier du passage éventuel d’une voiture, comme si la rue lui était une sorte de jardin familier….
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…
7. Opaque
« Un beau corps de femme est la meilleure lampe de chevet. Dormir à deux rend la nuit moins opaque. »
8. Orage
Le Tibétain, sans répondre, sortit sa trompe à appeler l’orage et nous fûmes copieusement mouillés sous de grands éclairs.
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